Ankara est inquiète de l'accord Israël-Liban. - Shahan Gantaharyan
03-07-2026 14:31 Un commentaire
Ankara est préoccupée par l'accord Israël-Liban. «Noyan Tapan» a discuté avec l'analyste politique Shahen Ghantaharyan.
– Ces derniers jours, l'accord régional Liban-Israël et la réaction de la Turquie sont discutés. Qu'est-ce qui explique l'inquiétude d'Ankara ?
– Les publications analytiques montrent que la Turquie est préoccupée par l'activation du rôle d'Israël au Liban et l'expansion de son influence. Ankara considère cela non seulement comme un changement dans l'équilibre des forces régionales, mais aussi comme un problème lié à sa sécurité nationale.
– Comment cette position s'est-elle exprimée au niveau de la direction turque ?
– Le président Recep Tayyip Erdoğan a déclaré à plusieurs reprises que Gaza, la Syrie et le Liban sont des composants essentiels du système de sécurité de la Turquie. Selon lui, tout développement dans ces régions qui pourrait nuire aux intérêts de la Turquie est considéré par Ankara comme une menace directe et elle est prête à répondre en conséquence.
– Qu'est-ce qui explique l'intérêt pour la visite prévue du Premier ministre libanais ?
– Il y a des indications que la visite du Premier ministre à Ankara a pour but de discuter de ces questions. En même temps, les analystes soulignent également l'évolution des relations Syrie-Israël, car elles peuvent indiquer dans quelle direction les processus régionaux vont se développer.
– Peut-on dire que la concurrence Turquie-Israël se déplace également vers le Liban ?
– Une telle tendance est déjà observée. D'abord, les intérêts des deux pays se sont heurtés en Syrie, où les forces de Damas étaient soutenues par la Turquie, tandis que les forces druzes l'étaient par Israël. Maintenant, les éléments de cette concurrence commencent également à apparaître au Liban, où Ankara, selon des publications non officielles, rejette clairement l'accord régional.
– Ce rejet a-t-il uniquement une signification en politique étrangère ?
– Non. Il a aussi une adresse en politique intérieure. La Turquie envoie un message à la communauté sunnite du Liban, sur laquelle elle a exercé une influence pendant de nombreuses années, en les exhortant à ne pas accepter cet accord. Cependant, le message ne s'arrête pas là.
– Quelle est l'importance des informations selon lesquelles le ministre des Affaires étrangères syrien a remis un document à Beyrouth concernant le monopole des armes ?
– Si ces informations sont vraies, elles peuvent être considérées dans le cadre d'un processus plus large. Elles rappellent la déclaration de Donald Trump selon laquelle la résolution de la question des armes de la Résistance pourrait être réalisée par le biais de la Syrie, surtout dans les conditions où Israël n'a pas pu atteindre ses objectifs par des moyens militaires.
– Peut-on considérer tout cela comme un programme systématique ?
– Si nous relions l'ensemble du tableau, cela donne cette impression. Une approche systématique américano-turque se dessine, dans laquelle la Turquie active son rôle au Liban. D'un côté, cela est présenté comme une tentative de contrebalancer Israël, de l'autre, comme une volonté de combler le vide créé après l'affaiblissement de l'influence de l'Iran.
– Quel est l'objectif stratégique principal dans ce contexte ?
– On ne peut pas exclure que l'objectif à long terme reste le désarmement de la Résistance. La différence est que maintenant ce problème est tenté d'être résolu non pas par des moyens militaires, mais par des mécanismes politiques et diplomatiques, avec l'intermédiation de Damas, où la Turquie joue un rôle plus actif, tenant également compte des attentes stratégiques de Washington.
– La Turquie a-t-elle des bases suffisantes pour assumer un tel rôle ?
– La Turquie a formé son influence au Liban pendant de nombreuses années à travers des programmes culturels, éducatifs, démographiques et surtout économiques. Son principal bastion se trouve dans les régions nord du pays. Aujourd'hui, Ankara tente de transformer cette influence en un facteur politique et sécuritaire.
– À qui s'adressent les messages actuels de la Turquie ?
– À plusieurs destinataires en même temps. À Israël, pour ne pas franchir les «lignes rouges» pour la Turquie, à l'Iran, pour montrer qu'elle est opposée à l'accord régional, à la communauté sunnite du Liban, en les exhortant à le rejeter, et aux États-Unis, en signalant qu'elle est prête à promouvoir l'agenda du monopole des armes par des moyens non militaires à travers Damas.
– Si ces développements se poursuivent, quel paysage régional pourrait se former ?
– Dans ce cas, la Turquie deviendra un acteur plus influent au Liban et, en général, au Moyen-Orient. Cependant, cela ne signifiera pas une neutralisation complète de l'influence d'Israël. Au contraire, il est très probable que Washington continuera à utiliser la Turquie et Israël comme des forces qui se contrebalancent et, en même temps, se complètent. Le renforcement de l'influence de la Turquie dans le nord du Liban et la présence d'Israël au sud pourraient devenir des éléments de cette stratégie.
– Cette situation rappelle-t-elle d'une certaine manière l'image actuelle de la Syrie ?
– Oui. Les zones d'influence de la Russie et de l'Iran en Syrie ont été largement remplacées par l'influence de la Turquie et d'Israël, ainsi que par leur présence militaire et sécuritaire directe. Des éléments de tels processus sont déjà observés aujourd'hui au Liban.
– Dans ce contexte, faut-il également considérer les récentes accusations mutuelles de génocide entre Israël et la Turquie ?
– Probablement, oui. Ces phénomènes ne se situent pas seulement dans le domaine de la mémoire historique ou des évaluations morales et politiques. Ils sont également des instruments de concurrence régionale et de confrontation géopolitique, qui reflètent les contradictions croissantes entre les deux pays.
* Ce texte a été automatiquement traduit par l'Intelligence Artificielle (IA).